Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

Corrida : une mise à mort d’une effroyable cruauté

Le 18 octobre 2022, Younous Omarjee, Député européen (La France Insoumise / The Left), recevait Aymeric Caron, auteur d'une proposition de loi visant à abolir la corrida. Le vote de ce texte est attendu le 24 novembre prochain.

Il est très important pour nous, au Parlement européen, de donner une résonance à la proposition de loi d’Aymeric Caron qui va présenter cette proposition de loi dans la niche parlementaire de La France Insoumise, le 25 novembre prochain, à l’Assemblée nationale. 

Vous le savez, l’abolition de la corrida est un combat que nous portons au niveau européen, ici, depuis des années. Je pense que nous pouvons nous soutenir mutuellement pour arriver à l’abolition définitive, en Europe, de ce qu’il faut considérer comme une barbarie. 

La mise à mort gratuite d’un autre être vivant, par jeu, par plaisir morbide, par cruauté

Ce combat dépasse en réalité, de très loin, celles et ceux qui sont engagés de manière militante, très active, pour les droits des animaux. Elle pose la question de l’idée que nous nous faisons de l’humanité. Et des rapports civilisés, d’une certaine manière, que nous devons entretenir avec le reste du monde du vivant. Le chemin de la civilisation est un chemin de conquête qui n’a pas de fin. Nous devons encore gagner en civilisation. Et la prochaine étape est d’arriver à des rapports totalement civilisés avec le reste du monde du vivant puisque nous avons laissé la barbarie au coeur de notre relation avec le monde du vivant dont nous nous sommes retranchés. Et la corrida en est l’exemple typique.

Nous sommes cette espèce qui, par jeu, par plaisir – morbide – par cruauté, en vient à la mise à mort gratuite d’un autre être vivant. Cela pouvait ne pas choquer, mais nous sommes au 21è siècle et cette pratique d’un autre temps, d’un autre âge, qui fait honte, non pas seulement à ceux qui s’y adonnent et aux aficionados, mais à toute l’humanité, doit véritablement être interdite. Elle doit etre interdite en France, et je souhaite à Aymeric le plus grand succès dans la défense de sa proposition, mais elle doit aussi etre interdite en Espagne, etre interdite au Portugal comme elle n’a plus court au Chili, à Cuba, en Uruguay. L’Union européenne ne peut pas rester en retard de cette interdiction.

Pas un euro pour ces spectacles morbides !  

Le Parlement européen, depuis des années, avec le soutien de l’intergroupe pour les animaux que je salue ainsi que la Fondation Brigitte Bardot dont je salue l’action, a pris une série de résolutions pour appeler à ce que cette pratique soit interdite en Europe. Nous avons pris un certain nombre de mesures pour veiller qu’aucun financement ne bénéficie à la corrida, et en particulier le FEADER, pour venir financer ces spectacles morbides. 

Au sein de la Commission du Développement Régional, que je préside, pas un euro du FEDER ne peut venir en appui de ces manifestations. Je crois que le chemin qui est devant nous est un chemin qui sera a terme couronné de succès. Je crois que il y a, avec le vote de cette proposition de loi d’Aymeric Caron, un compte à rebours jusqu’à l’interdiction définitive de la corrida en France et en Europe. 

La corrida questionne notre rapport à l’humanité

(…)

Aymeric Caron a eu raison de dire que ce combat transcende les partis politiques. En t’écoutant, je me souvenais du vote que nous avons obtenu pour l’interdiction de la pêche électrique en Europe, avec Anja Hazekamp, Député européenne du Parti animiste néerlandais. Je te souhaite le même succès car nous avons, en réalité, été très étonnés du vote final. Une majorité s’est dégagée, et elle a traversé l’ensemble des groupes politiques, car elles dépassent les clivages partisans. 

(…) 

Comme tu vois, cher Aymeric, le soutien de beaucoup au Parlement européen t’es acquis. Nous espérons ce vote de l’Assemblée nationale en France. Ce sera un vote qui va avoir une résonance dans tous les pays européens. Pas seulement d’ailleurs dans les pays qui sont concernés par la corrida. Parce que tu l’as très bien dit, c’est un combat qui va bien au-delà. Je souhaite vraiment que l’appui que tu as aujourd’hui des députés européens va aider dans le vote qui interviendra en novembre à l’Assemblée nationale.

Tu l’as dit, chaque député sera face à sa conscience. Et je pense que dans quelques générations, lorsque d’autres que nous jetterons un regard sur notre humanité aujourd’hui, ils pourront se dire que nous étions des personnes civilisées ou que nous étions des personnes barbares.Lors de la controverse de Valladolid concernant les indiens, on se demandait si ces derniers avaient une âme. Je pense que c’est la même chose pour les animaux. Certains se posent encore un certain nombre de questions. Et cette proposition de loi a le grand mérite de mettre ces questions sur la table. Qu’elles soient débattues. Que chacun entre en approfondissement pour savoir dans quel sens il va voter, du côté de la civilisation ou de la barbarie. 

La défense des droits des animaux embrasse une conception révolutionnaire de l’intérêt général

Aymeric Caron écrit dans sa proposition de loi, en tant qu’élu de la nation, il nous revient d’agir dans l’intérêt général. C’est quelque chose qui est profondément révolutionnaire en réalité. Parce que nous opérons un dépassement dans la conception que nous avons de de l’intérêt général. L’intéret général ne concerne pas seulement les êtres humains mais tout le monde du vivant. Et il y a une interdépendance dans la prise en compte de l’intérêt général entre les animaux et les êtres humains. C’est le sens de l’histoire qui commande au vote de cette proposition de loi. Je te souhaite beaucoup de succès et je suis certain que dans tous les cas, ce combat que tu portes avec la France Insoumise est un combat qui contribue à une très grande avancée dans la reconnaissance des droits des animaux et de l’idée que nous nous faisons de l’humanité.  

Je vous écoutais, chers collègues, avec beaucoup d’attention sur ces pratiques que je connais moins que vous parce que je viens de la Réunion et ces questions nous sont éloignées. Je me dis que si l’on s’imaginait un procès où des parties civiles seraient les familles de ces pauvres taureaux et, de l’autre côté, à la défense, les humains, le réquisitoire serait impitoyable. Il n’y aurait aucune circonstance atténuante pour des actes de mise à mort d’une terrible cruauté avec une condamnation qui ne laisserait aucune autre place que la plus lourde. Nous ne sommes pas encore à ce moment. Mais nous devons tout faire, précisément, pour que ces pratiques ne puissent plus avoir cours dans un pays comme la France qui améliore, doit améliorer, en continu, sa conception des droits humains. Ces droits humains intégrant un intérêt général qui va au-delà. Bravo encore, Aymeric. Plein succès à toi pour le vote qui s’annonce. Les députés européens restent à tes côtés jusqu’à ce vote. 

ACTUS NEWS