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Pêche industrielle : la France, meilleur bras armé des lobbies

Younous Omarjee a dénoncé l'action néfaste de la France, qui entend faire échec au Règlement d’exécution de la Commission européenne déterminant les zones existantes de pêche en eau profonde. Et permettre aux pêcheurs de ratisser les fonds marins. Alors que la survie des écosystèmes marins est en danger critique.

Madame la Commissaire,

Nous ne sommes pas dupes du jeu de la France qui, en coulisse, continue d’agir comme meilleur bras armé des lobbies de la pêche industrielle pour faire obstacle à la fermeture, dès 400 mètres de profondeur, de tous les écosystèmes vulnérables à toutes les méthodes de pêche touchant les fonds marins.

Nous ne sommes pas dupes non plus du jeu de l’Espagne qui entend poursuivre la Commission européenne devant la Cour de justice [de l’Union européenne, CJUE] pour entraver ce règlement. Tout cela en dit long.

En coulisse la France et l’Espagne cherchent à entraver le règlement interdisant la pêche en eau profonde

Madame Dalli, je me souviens, dans une autre législature, la Commissaire Damanáki avait eu affaire à l’action néfaste de la France et de l’Espagne pour entraver le règlement pêche en eau profonde. Et heureusement qu’il y a eu le Parlement européen. Heureusement qu’il y a eu la Commissaire Damanáki et la Commission européenne. Je vous le dis. Tenez bon face aux menaces et aux lobbys. Les océans, les écosystèmes marins, sont en grand danger aujourd’hui. “

Question de Clara Aguilera, Député européenne (Espagne) :

Monsieur Omarjee, il y a quelque chose que j’aimerais vous rappeler. Votre intervention a été tout à fait raisonnable, comme d’habitude ! Accuser le gouvernement de la France, votre pays, et le gouvernement espagnol, de poursuivre les intérêts du secteur de la pêche et de ne pas protéger l’environnement, ce n’est pas justifié. Je ne sais pas sur quoi vous vous appuyez pour dire cela. Comment pouvez vous parler de pression, de lobby, alors que le gouvernement espagnol demande simplement une actualisation des données pour exécuter ce règlement ? Vous accusez le gouvernement de mon pays – que vous accusiez celui de la France, cela vous regarde – mais celui de mon pays, ça me regarde.

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Si nous continuons au rythme actuel de prédation, il n’y aura plus un seul poisson, coquillage ou crustacé, disponible pour la pêche commerciale d’ici 2050

Nous sommes ici au Palement européen, et nous avons pour habitude d’embrasser l’intérêt général européen. Lorsqu’il s’agit de mettre en cause les attitude des Etats membres, au Conseil européen, nous le faisons et il n’y a pas à s’en émouvoir. Vous prétendez défendre les pêcheurs mais si nous continuons au rythme actuel de prédation, il n’y aura plus, et c’est l’ONU qui le dit, un seul poisson, coquillage ou crustacé, disponible pour la pêche commerciale avant 2050, c’est à dire demain. Donc il y a urgence à agir et à protéger les écosystèmes dans les grands fonds marins qui sont en très grand danger.

Il y a urgence à agir et à protéger les écosystèmes dans les grands fonds marins

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