Les guerres dites « préventives » portent atteinte à la sécurité collective.
Consternation face aux frappes militaires menées par Israël et les États-Unis contre l’Iran. Cette escalade marque un tournant dangereux pour la région et pour l’équilibre international.
Le droit international repose sur l’interdiction du recours unilatéral à la force, sauf en cas de légitime défense avérée ou d’autorisation explicite du Conseil de sécurité des Nations unies. Les guerres dites « préventives », lorsqu’elles ne s’inscrivent pas dans ce cadre, constituent une atteinte grave au principe fondamental de la sécurité collective.
Regret que la voie diplomatique n’ait pas prévalu. Dans une région déjà meurtrie par des conflits prolongés, l’usage de la force ne peut qu’ajouter au chaos et à la souffrance.
La voie ouverte au chaos
L’histoire récente nous enseigne que les changements de régime décidés de l’extérieur volent aux peuples leur propre révolution. Ils prétendent libérer, mais ils fragilisent ; ils prétendent stabiliser, mais ils désorganisent ; ils prétendent démocratiser, mais ils ouvrent trop souvent la voie au chaos, à la fragmentation ou à des formes renouvelées d’autoritarisme.
Aucune transformation politique durable ne peut être imposée par des bombes. Les révolutions authentiques appartiennent aux peuples. Elles naissent de l’intérieur, dans le temps long de leur histoire.
Les conséquences d’une telle opération sont potentiellement dramatiques avec :
-une escalade régionale qui pourrait devenir incontrôlable, impliquant d’autres États,
-des pertes humaines civiles et militaires avec une aggravation des crises humanitaires,
– un affaiblissement du droit international, si la force prime sur le mandat multilatéral
– une déstabilisation économique mondiale, notamment sur les marchés de l’énergie et les routes maritimes stratégiques ,
– un recul durable des perspectives de règlement politique et diplomatique des tensions, notamment sur la question nucléaire.
La diplomatie multilatérale doit revenir au coeur
Il est urgent que les chancelleries s’activent pour faire cesser les hostilités, permettre de revenir à la négociation et de replacer les Nations unies au cœur de la régulation internationale.
La force ne peut devenir la norme. Le monde n’a pas besoin d’une guerre de plus, mais d’un sursaut de responsabilité collective.