À l’occasion du Forum des régions ultrapériphériques, organisé à Bruxelles le 18 novembre 2025, Younous Omarjee, Vice-Président du Parlement européen, a réaffirmé avec force l’attachement de l’institution aux neuf régions ultrapériphériques (RUP) de l’Union européenne : La Réunion, Mayotte, la Guyane, la Guadeloupe, la Martinique, Saint-Martin, Madère, les Canaries et les Açores.
Dans un contexte marqué par les négociations du prochain Cadre financier pluriannuel (CFP), qui fixera les grandes priorités budgétaires de l’Union pour les années à venir, il est important de rappeler qu’il s’agit du principal instrument déterminant le niveau de soutien financier accordé à ces territoires éloignés, insulaires, souvent fragiles, mais stratégiques pour l’Europe.
Des territoires européens aux défis uniques
Les régions ultrapériphériques partagent une réalité commune : éloignement géographique, insularité, dépendance économique, vulnérabilité climatique, coût de la vie élevé, accès limité aux marchés européens. Ces contraintes structurelles pèsent lourdement sur leur développement.
C’est précisément pour répondre à ces spécificités que l’Union européenne s’est dotée d’un cadre juridique clair : l’article 349 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE), qui reconnaît explicitement la nécessité d’adapter les politiques européennes aux réalités de ces territoires.
Lors de son intervention, Younous Omarjee a tenu à rappeler la portée fondamentale de cet article :
« L’article 349 n’est pas une concession, il est inscrit au plus haut niveau des normes »
Pour une véritable adaptation des normes européennes
Au-delà du constat, Younous Omarjee a plaidé pour une évolution ambitieuse du cadre législatif européen. Il propose la création d’un véhicule législatif spécifique permettant d’adapter les normes européennes aux réalités des RUP.
Une telle initiative constituerait, selon lui, « une avancée sans précédent ».
L’objectif ? Mettre fin à une approche uniforme qui ne tient pas compte des contraintes structurelles propres à ces territoires, et permettre des politiques réellement efficaces en matière de développement économique, de transition écologique, de transports, de pêche, d’agriculture ou encore de cohésion sociale.
À l’heure où les priorités budgétaires européennes sont redéfinies, l’intervention de Younous Omarjee sonne comme un avertissement : les régions ultrapériphériques ne peuvent être les oubliées du prochain CFP.